Un grand quotidien national offre le téléchargement gratuit du texte de Voltaire Traité sur la Tolérance. En voici le lien pour obtenir très simplement le texte (libre de droit)
Courrier du lecteur
jeudi 26 février 2015
lundi 12 janvier 2015
Fiche de révision synthétique pour l'oral de français ( tableau à copier, à compléter ou à personnaliser)
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Objet d'étude |
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Exposé de 10 mn
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problématique |
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Plan possible (axes de lecture) |
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Idées-clefs (que je veux retenir) |
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Figures de style repérées |
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Ouverture(s) en conclusion |
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Difficultés particulières |
(de
lecture à voix haute ou de vocabulaire du texte)
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Éléments de culture : |
Pour préparer
l'entretien de 10 mn :
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(anticiper les questions de l'examinateur)
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Littéraire (mouvements, autres écrivains...) |
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Historique (événements, découvertes...) |
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Biographique : correspondance entre vie et oeuvre |
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Bibliographique(autres livres du même auteur ou d'autres
auteurs sur des sujets ressemblants) |
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vendredi 26 septembre 2014
Question de corpus « ti pa ti pa » en créole, « mora mora » en malgache, petit à petit en français (Pour garder le rythme du maloya et de la semaine Kabar Kreol)
Préambule : même si le sujet du
bac écrit (EAF) portera sans doute sur 4 extraits, il est bon de
s'entraîner à faire la comparaison de deux textes seulement, pour
améliorer progressivement une méthodologie mariant l'esprit de
synthèse et la capacité à mettre en relation des œuvres diverses.
Le corpus proposé est le suivant :
Lettre
de Mme De La Fayette à la marquise de Sévigné
A
Paris, le 14 juillet 1673,
Voici
ce que j’ai fait depuis que je ne vous ai écrit : j’ai eu
deux accès de fièvre ; il y a six mois que je n’ai été
purgée : on me purge une fois, on me purge deux ; le
lendemain de la deuxième je me mets à table ; ah, ah !
j’ai mal au coeur, je ne veux point de potage ; mangez donc un
peu de viande ; non, je n’en veux point ; mais vous
mangerez du fruit ; je crois qu’oui ; eh bien, mangez-en
donc ; je ne saurais, je mangerai tantôt ; que l’on
m’ait ce soir un potage et un poulet ; voici le soir, voilà
un potage et un poulet ; je n’en veux point ; je suis
dégoûtée ; je m’en vais me coucher, j’aime mieux dormir
que de manger. Je me couche, je me tourne, je me retourne, je n’ai
point de mal, mais je n’ai point de sommeil aussi ; j’appelle,
je prends un livre, je le referme ; le jour vient, je me lève,
je vais à la fenêtre, 4 heures sonnent, 5 heures, 6 heures ;
je me recouche, je m’endors jusqu’à 7 ; je me lève à 8,
je me mets à table à 12 inutilement, comme la veille ; je me
remets dans mon lit le soir inutilement, comme l’autre nuit.
Êtes-vous malade ? nani [A] : êtes-vous plus faible ?
nani. Je suis dans cet état trois jours et trois nuits ; je
redors présentement ; mais je ne mange encore que par machine
[B], comme les chevaux, en me frottant la bouche de vinaigre ;
du reste, je me porte bien, et je n’ai pas même si mal à la tête.
(...)
Je
dois voir demain Mme de Vill... ; c’est une certaine
ridicule, à qui M. d’Ambres a fait un enfant ; elle l’a
plaidé, et a perdu son procès ; elle conte toutes les
circonstances de son aventure ; il n’y a rien au monde de
pareil ; elle prétend avoir été forcée ; (...) La
Marans est une sainte ; il n’y a point de raillerie ;
cela me paraît un miracle. La Bonnetot est dévote aussi, elle a ôté
son œil de verre ; elle ne met plus de rouge, ni de boucles.
Mme de Monaco ne fait pas de même ; elle me vint voir
l’autre jour bien blanche [C] ; elle est favorite et engouée
de cette Madame-ci, tout comme de l’autre ; cela est bizarre.
(...) Mme la comtesse du Plessis va se marier ; elle a
pensé acheter Fresnes. M. de La Rochefoucauld se porte très
bien ; il vous fait mille et mille compliments et à Corbinelli.
Voici une question entre deux maximes :
On
pardonne les infidélités ; mais on ne les oublie point.
On
oublie les infidélités ; mais on ne les pardonne point.
« Aimez-vous
mieux avoir fait une infidélité à votre amant, que vous aimez
pourtant toujours ; ou qu’il vous en ait fait une, et qu’il
vous aime aussi toujours ? » On n’entend pas par
infidélité, avoir quitté pour un autre ; mais avoir fait une
faute considérable. Adieu, je suis bien en train de jaser ;
voilà ce que c’est que de ne point manger et ne point dormir.
J’embrasse Mme de Grignan et toutes ses perfections.
Notes :
A. non. B. par
artifice. C. bien poudrée.
Lettre
de Mme de Sévigné à sa fille, à Coulanges, le 15 décembre 1670
«
Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus
surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus
triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus
singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus
imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus
commune, la plus éclatante, la plus digne d’envie : enfin une
chose dont on ne trouve qu’une telle dans les siècles passés,
encore cet exemple n’est-il pas juste ; une chose que l’on ne
peut pas croire à Paris (comment la pourrait-on croire à Lyon ?) ;
une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde; une chose qui
comble de joie Mme de Rohan et Mme d’Hauterive ; une chose enfin
qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la
berlue; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas
faite lundi. Je ne puis me résoudre à la dire ; devinez-la : je
vous la donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien
! il faut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche au
Louvre, devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en
dix ; je vous le donne en cent.
Mme
de Coulanges dit : Voilà qui est bien difficile à deviner ; c’est
Mme de la Vallière. - Point du tout, Madame. - C’est donc Mlle de
Retz ? - Point du tout, vous êtes bien provinciale. - Vraiment nous
sommes bien bêtes, dites-vous, c’est Mlle Colbert ? - Encore
moins. - C’est assurément Mlle de Créquy ? - Vous n’y êtes
pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse dimanche, au
Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle, Mademoiselle de...,
Mademoiselle... devinez le nom : il épouse Mademoiselle1,
ma foi ! par ma foi ! ma foi jurée ! Mademoiselle, la grande
Mademoiselle ; Mademoiselle, fille de feu Monsieur ; Mademoiselle,
petite-fille de Henri IV ; mademoiselle d’Eu, mademoiselle de
Dombes, mademoiselle de Montpensier, mademoiselle d’Orléans ;
Mademoiselle, cousine germaine du Roi ; Mademoiselle, destinée au
trône ; Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de
Monsieur.
Voilà
un beau sujet de discourir.
1Anne-Marie-Louise
d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle.
Correction de la
question de corpus sur deux lettres authentiques du XVIIème siècle
3 problématiques ont été proposées :
(au choix bien sûr)
a) Comment la
lettre permet-elle d'ouvrir un espace de liberté d'expression ?
b) Quelle est la
place du destinataire dans ces lettres ?
c) Peut-on dire
que ces lettres sont seulement des monologues ou recréent-elles un
dialogue ?
Proposition
d'introduction pour le sujet a) :
Si les romans épistolaires
deviennent un phénomène de mode au XVIIIème siècle, ils le
doivent en grande partie au succès des lettres authentiques de Mme
de Sévigné, recopiées et lues au XVIIème, publiées dès le début
du siècle des Lumières comme
la gazette de la Cour.
Ainsi étudierons nous un corpus
constitué d'une lettre datée du 15 décembre 1670, écrite par la
célèbre épistolière à sa fille Mme de Grignan, et un second
extrait de sa correspondance avec Mme De La Fayette, lettre du 14
juillet 1673 où cette fois elle tient le rôle de destinataire.
Comment ces lettres permettent-elles d'ouvrir un espace de liberté
d'expression ?
(l'annonce
du plan est facultative pour la question de corpus)
Proposition de
paragraphe avec 2 arguments et 3 citations pour le sujet a) :
Lorsque Mme de La Fayette décrit son
quotidien avec « deux accès de fièvre » ou le détail
scatologique « on me purge », elle prend la liberté
de faire rentrer son destinataire, la marquise de Sévigné dans une
intimité à la limite de la bienséance. Par cette lettre assez
crue et précise dans les détails de toutes ses actions exprimées
par une énumération de verbes au présent, nous apprenons que leur
lien amical et leur féminité rendent possibles des descriptions qui
seraient proscrites en société : « comme les
chevaux, en me frottant la bouche avec du vinaigre » est une
comparaison avilissante impensable à la cour.
Proposition de
paragraphe avec 1 argument et 3 citations pour le sujet c) :
Dans un véritable dialogue, aucun
auditoire n'accepterait d'attendre aussi longtemps que Mme de Sévigné
veuille bien révéler l'identité des futurs mariés. « devinez
qui ? » est une injonction interrogative qui s'adresse
à sa fille mais c'est surtout une question rhétorique qui ralentit
le moment de la révélation finale « Mademoiselle »
avec un jeu sur la présence ou non de la particule « Mademoiselle
de ... » permettant de différencier le titre de noblesse
commun et le surnom de la duchesse de Montpensier.
Proposition de
développement en 3 parties pour le sujet b) :
Tout d'abord, nous verrons que
le destinataire est un confident de l'épistolière : le
temps est rythmé par leurs échanges et le pronom « vous »
apparaît dès la première ligne de chaque lettre :« depuis
que je ne vous ai écrit » ou « je m'en vais vous
mander » renoue le contact entre les amies ou entre mère et
fille. Le choix du présent de narration par Mme de La Fayette pour
énumérer toutes ses actions passées : « je me couche,
je me tourne, je me retourne » les rapproche. Dans le même
souci de garder le contact, Mme de Sévigné fait les questions et
les réponses d'un dialogue fictif : « jetez-vous votre
langue aux chiens ? » Sa fille ne peut répondre en
direct et nécessairement donnera sa langue au chat, ici aux chiens,
pour cette chasse au scoop.
Ainsi le destinataire peut aussi
être réduit à un prétexte à la conversation et au
bavardage : « Adieu, je suis bien en train de jaser. »
avoue Mme de Lafayette. De même Mme de Sévigné conclut par « Voilà
un beau sujet de discourir. » Elle ne se prive pas non plus
pour insérer une forme de dialogue théâtral avec son entourage
« Mme de Coulanges » puisqu'en réalité sa fille est
réduite au silence, le temps qu'elle reçoive la lettre et puisse à
son tour répondre par écrit.
D'ailleurs, la place du destinataire
est explicitement dans l'avenir. A la fin de sa lettre, Mme de La
Fayette demande conseil à la marquise de Sévigné :
« Voici une question entre deux
maximes ». le destinataire devra apporter une critique
littéraire. La forme épistolaire tisse des liens d'esprit entre les
deux femmes et leurs amis communs « M. De La Rochefoucauld se
porte bien ». De la même façon Mme de Sévigné
attend un discours de sa fille en retour du « beau sujet »
qu'elle vient de lui révéler : le mariage de la Grande
Mademoiselle. Par conséquent, la dernière partie de ces
lettres porte en germe la future réponse de son destinataire et la
politesse ou l'affection reprennent leurs droits : « J'embrasse
Mme de Grignan et toutes ses perfections ».
proposition
de conclusion pour la question c)
Si la forme classique de la lettre est
nécessairement un monologue qui appelle une réponse différée, le
talent et la liberté de ces deux femmes du XVIIème siècle
permettent au genre épistolaire de gagner en vivacité :
dialogues théâtralisés, imaginaires, questions rhétoriques ou
réelles font de leur correspondance une vraie œuvre littéraire
presque interactive à la manière de nos modes de communication du
XXIème siècle.
jeudi 29 mai 2014
"Les Colchiques" d'Apollinaire
« Les
Colchiques »
Poème court de
Guillaume Apollinaire, extrait du recueil Alcools
publié en 1913.
Au
début du recueil après « Zone » (le plus moderne des
poèmes, comme un manifeste de la modernité, d'inspiration très
urbaine, entre autre Paris) puis « Le pont Mirabeau » (le
plus célèbre des poèmes courts, lui aussi parisien, pont réel,
sur le thème de la séparation et du temps) enfin la suite des
poèmes regroupés dans « La chanson du Mal Aimé »
(un des titres envisagés pour le recueil était Le
roman du Mal Aimé)
« Les Colchiques » est un poème inspiré cette fois,
plus classiquement, par la nature, et par association d'idées, à
l'amour qui apporte la peine. Ronsard déjà associait la nature et
la séduction dans « Mignonne allons voir si la rose... »
mais Apollinaire refuse l'image printanière pour lui préférer la
fleur automnale : la colchique. Quelle
est donc l'originalité
d'Apollinaire dans
la manière dont il s'inspire de la nature ?
Un premier axe sera consacré à la façon dont il redonne vie à
cette tradition poétique. Ensuite nous rechercherons ce qui donne
son unité au poème. Enfin nous en tirerons une forme de définition
de l'esthétique du Mal-Aimé.
A/ Tradition poétique revivifiée
1) tableau
bucolique ( tradition nature et amour venue de L'Astrée :
dans ce roman de D'Urfé, du
XVIème siècle, donc avant la princesse de Clèves, le
lecteur suit les amours idéalisées de bergers et bergères qui
parlent comme la noblesse !)
les mots « pré »
« vaches » campent le tableau champêtre.
La couleur
automnale bien sûr vient déjà du titre. L'automne en métropole
est aussi la saison où l'école recommençait (après l'été où
les enfants aidaient aux moissons, dans une France encore rurale en
1913)
Le point de
jonction entre comparant et comparé : « couleur de cerne
et de lilas » permet de rapprocher la femme et la nature
(transition) (colchique et lilas sont des fleurs qui peuvent être
violettes comme les yeux cernés)
2) tradition
de la métaphore filée : des fleurs qui sont des yeux
comparaison des
yeux qui sont des fleurs vénéneuses (cf vers 1) ; tradition du
XVIème associant femme et fleur ou faisant le blason des yeux (au
XVIIème les précieuses appelaient les yeux « miroirs de
l'âme »
humour du poète
car Vie/vaches commencent par la même initiale. Donc si les yeux de
la femme sont comme les fleurs qui empoisonnent les vaches,
indirectement, le poète est comparé aux vaches ! « Et ma
vie pour tes yeux lentement s'empoisonne » (lyrisme classique
de l'alexandrin)
- tradition du lyrisme (rappel : le lyrisme vient -de l'expression de soi « ma vie » « tes yeux » : ici première personne du singulier suggérée par le déterminant possessif et le destinataire -de la musique comme thème « harmonica » « chante » « fracas »- ou de la musicalité des mots : assonance en « o » et 6 « an » v 13 et 14 ) et « on » « hoquetons » (vestes) dont le son fait penser à hoquet (bruit)
B/Unité du poème ?
1)organisation en
escalier (longueur des vers) croissante 12/6/6/12 /Rythme
qui oblige à ce lien enjambement (lilas/y fleurit) puis
césure avant le nouveau sujet « tes yeux sont... » :
rythme très moderne
- effets de ralenti : (vers 7)les répétitions ralentissent le rythme : « qui » « comme » « battent » « filles »le vocabulaire suggère le ralenti : « lentement » « tout doucement » « lentes et meuglant »
organisation des
strophes : la première strophe compte 7 vers, puis 5
vers, enfin 3 vers pour la dernière strophe (tercet) : donc
cette fois la progression est décroissante.
Énonciation :
strophe 1 « ma » « tes » indiquent des
personnages puis on assiste à la disparition de la1ère personne
en strophe 2 (reste juste « tes » et la 2 ème personne
disparaît aussi à la strophe 3 (reste le gardien... même
les vaches partent)
organisation en
escalier aussi de la syntaxe par ajouts: -GN avec C du
nom, (« couleur de cerne » « filles de leurs
filles » ou GN avec relative (« les colchiques qui sont
comme des mères » « tes paupières qui battent »
.
C/Esthétique du Mal-Aimé
1)Apollinaire a
souligné la relation entre lui et l'automne par la formule « Mon
automne éternelle ô ma saison mentale »
(« Signe ») ce thème de l'automne est présent dans
plusieurs poèmes d'Alcools, (cf le poème
titré : « Automne » où l'on retrouve : « Dans
le brouillard s'en vont un paysan cagneux/ Et son bœuf
lentement... » en particulier celui-ci, associé à l'amour
dangereux ou malheureux ou douloureux : »Et s'en allant
là-bas le paysan chantonne/ Une chanson d'amour et d'infidélité »
2)la menace
latente « vénéneux mais joli » « cerne »
(connotation : maladie ou fatigue) « s'empoisonne »
« au vent
dément » « les paupières/qui battent » (cf
poème « l'automne » : « l'automne a fait
mourir l'été »
3) une rupture
sublimée par le paysage et en même temps cocasse :
« abandonnent/
pour toujours ce grand pré mal fleuri »
c'est comme si
l'image s'était retournée en dernière strophe, les vaches sont
féminines par opposition avec « le gardien du troupeau ».
On avait la même confusion et inversion en strophe 2 « des
mères/filles de leurs filles »
On peut donc
conclure que le poète choisit des thèmes classiques bucoliques :
dans la nature, miroir de nos sentiments ou bien élégiaques (poème
sur la perte) Ce poème est ambivalent Est-ce un poème d'amour ou de
rupture ? En effet, le départ des vaches est une image
dérisoire de la séparation ; la description est faite au
présent de narration ou au présent d'éternité ? Le grand pré
« mal fleuri » est aussi le mal aimé.... (cf
biographie : en 1912, rupture avec Marie Laurencin, peintre)
samedi 12 avril 2014
Centenaire de la Grande Guerre : La dernière lettre de mon arrière-grand père
Préambule = un album d'images d'art : pourquoi et comment commémorer
Chère femme, chers
parents
Tes deux dernières
lettres m'ont été données, hier soir aux tranchées, l'une était
datée du 1er et l'autre du 3. Contrairement à la mienne, votre
correspondance me parvient très régulièrement ; je vous ai
envoyé avant-hier ma photographie accompagnée d'un petit mot ;
aujourd'hui, je profite que j'ai un peu de temps pour vous écrire
plus longuement.
Nous avons quitté les
tranchées, hier soir, nous sommes revenus cantonner où nous étions
précédemment. Nous sommes tous bien fatigués ; la pluie
tombée ces jours derniers, avait rendu le séjour à la tranchée
pénible, et le passage dans les boyaux, très difficile. Quand donc
finira cette vie de misère ? Il faut vraiment avoir l'âme
chevillée dans le corps pour y résister.
Les Boches2
nous ont envoyés pas mal d'obus, hier soir, mais comme à
l'ordinaire, je me suis tiré indemne de cette pluie de fer. A
quelques mètres de moi, deux cuisiniers ont été blessés :
mon camarade Meunier a été blessé à la fesse mais il n'y a rien
de grave, à ce qu'il paraît.
On s'attend d'un instant
à l'autre, à marcher de l'avant. Ce sera sans doute très dur mais
tant pis, il faut qu'on en finisse ; il y a assez longtemps que
cela dure. Que cela ne vous tourmente pas trop, chers aimés. Dieu
qui jusqu'ici m'a protégé, grâce à vos bonnes prières, ne
m'oubliera pas au dernier moment.
Si je dois succomber, ma
dernière pensée sera pour vous ,et Dieu, je l'espère, m'accordera
le temps d'implorer son pardon.Les peines, les souffrances morales et
physiques endurées depuis 9 mois serviront au rachat de mes fautes.
Tes photographies et celles de Bébelle3,
jointes aux images du Sacré-Coeur, que je porte constamment sur moi,
me donneront le courage de tout supporter avec patience.
Pardonnez-moi, chère
femme et chers parents d'évoquer sur ma lettre d'aujourd'hui, de si
tristes pensées. Je comprends que j'ai tort, et que j'aurais mieux
fait de m'abstenir de vous les communiquer, mais je veux que vous
ayez la consolation, si je dois mourir sans vous revoir, de savoir
que je suis mort en chrétien et en homme de cœur.
J'apprends avec plaisir
que vous avez bien avancé l'ensemencement 4;
vous avez bien des maux, chers aimés, et avec tous vos maux, vous
êtes encore continuellement en soucis de Joseph et de moi.
Continuons d'être
courageux comme par le passé, ayons confiance en Dieu, il ne nous
abandonnera pas.
Continue, sans te
décourager, bien chère femme, à faire prier ma chère petite
Bébelle à mon intention. Dieu ne restera pas sourd aux prières de
ce cher petit ange et lui rendra son papa.
Je vous quitte, bien
chers aimés ; à bientôt, je l'espère, d'autres nouvelles.
Recevez mes amitiés bien sincères, avec tous mes meilleurs baisers.
François
J'ai reçu hier soir une
lettre de Joseph ; il est en ce moment-ci en Belgique ; il
me dit qu'il marche souvent la nuit avec son ambulance ; je ne
pense pas, malgré cela, qu'il soit bien exposé. Je lui ferai
réponse, dès que j'aurai le temps.
Fais part de mes amitiés
chez nous, à tout le monde. J'ai appris avec beaucoup de peine
qu'Eugénie était tombée malade de nouveau, c'est aussi bien
souvent son tour.
Faites part également de
mes amitiés aux parents de Laives5,
ils vont dire que je les oublie car depuis longtemps, je ne leur ai
pas écrit ; je leur donnerai de mes nouvelles dès que j'aurai
un petit moment.
François Laborier,
1ère classe, fut tué deux jours après, par « coups de feu
reçus au combat » le 9 mai 1915 à Sachez. C'est sa dernière
lettre.
1Ville
du pas-de Calais, comme Sachez.
2Mot
familier pour « Allemands »
3Surnom
de sa fille Isabelle, 2 ans.
4Ses
destinataires sont agriculteurs et doivent semer à cette saison.
5Ville
de Saöne et Loire
mercredi 2 avril 2014
Pour la semaine du Centenaire de la guerre débutée en 1914 : récapitulatif des recherches en seconde
| Nom | Prénom | corps | date du décès | lieu du décès | lieu de naissance | date de naissance | grade | circonstances | |||
| Adam de Villiers | Gabriel marie antoine armand | bataillon colonial du Maroc | 27/04/25 | Belgique | 24/08/91 | tué par l'ennemi | |||||
| Armoet | Charles | 52RIC | 27/08/18 | doubs hôpital | 1896 | 2ème classe | Maladie | ||||
| Brézé | Joseph Ernest | 74 R artillerie lourde grande puissance | 17/12/17 | Oise (hôpital) | 30/05/95 | 2ème classe | Maladie | ||||
| Celerine Saint Lys | Emmanuel | 160 Ri | 20/03/18 | Marseille (hôpital auxiliaire 2) | Ste Marie | 05/07/91 | Maladie contractée en service | ||||
| Chapelain (Camoudredy) | Emile(Padrateloy) | 118RAC | 23/10/16 | Grèce, front d'Orient (Klesfina le bas) | Ste Marie | 06/02/89 | 2ème classe | tué par l'ennemi | |||
| CLAUDE | Raphaël | 23 colonial | 23/08/1917 | Craonne Aisne | 974 | 1894 | 2ème classe | tué au combat | |||
| Conteur | Eugène | 6ème gr artillerie à pied | 07/06/17 | Alsace | Ste Marie | 20/05/93 | 2ème classe | blessures | |||
| Darid | Joachim | bataillon emyne | 10/03/16 | madagascar | 1887 | 2ème classe | Maladie | ||||
| Dary | J.Baptiste | 95 28 RI | 29/10/17 | Hôpital 68 de Lyon | ST Leu | 11/03/96 | Classe 1914 | maladie attrapée au service | |||
| De pindray de sainte croix d'ambelle de tuzie | Arnaud | 1Ri | 21/12/14 | Somme | 1888 | sergent | tué à l'ennemi | ||||
| De Peindray d'Ambelle | 2Ri | 05/08/18 | Somme | 1888 | Caporal | tué à l'ennemi | |||||
| (Ethève) | Joseph fabien | 22ric | 20/10/18 | Ardennes (ambulance) | 1895 | 2ème classe | blessures | ||||
| Fontaine | Jean Joseph | Ri groupe « créole » | 23/01/18 | St Joseph | 14/11/94 | Bronchite Pulmonaire | |||||
| Fouilloux | Gustave | Paris | tuberculose (gazé) | Ar-ar-gd père | |||||||
| Gabay (Garbays) | Gabriel | Sauméjan | 21/09/69 | Marié(16/5/88ST MARTIN) à Jeanne Courregos née le 3 mars 72 à St michel de Ca (33) | |||||||
| Gourville | Adrien (Georges) | 112è RI | 25/01/18 | VAR : Hôpital Toulon | Ste Marie | 31/01/00 | 2ème classe | MCS maladie | 17 ans | ||
| Grondin | Enock Philippe | 27/06/15 | Hôpital de Toulon | St Joseph | 22/02/94 | rougeole | |||||
| Huet | Albert | 365 ri | 11/04/19 | Alpes maritimes Hôpital | 1896 | 2ème classe | Maladie | ||||
| Huet | Eugène | bataillon colonial diégo Suarez | 06/04/18 | madagascar | 1898 | 2ème classe | Maladie | ||||
| ICHIZA | René | 30/09/14 | Souain Marne 51 | Ste Marie | 10/03/92 | suites blessures de guerre | |||||
| Laborier | François | 21 bataillon chasseurs à pied | 09/05/15 | Souchez pas de calais | Chapelle de bragny | 08/06/82 | 1ère classe | coups de feu reçus au combat | une veuve, une fille | 32 ans | |
| Mada | Romain | ||||||||||
| Malbrouck | Emilien (dit manbélé) | 2 RMA (régiment de marche d'Afrique) | 08/07/15 | navire hospitalier Bretagne II : inhumé au Havre | Ste Marie | 16/07/92 | suites blessures de guerre | ||||
| Malinga | Olivier | 49 Ri | 21/01/19 | Alpes maritimes Hôpital | Ste Marie | 1881 | Maladie contractée en service | ||||
| Malo | Raoul | 179 172 R inf. | 19/10/18 | Route nationale Paris (Aisne) | 974 | 10/02/96 | 2ème classe | tué à l'ennemi | |||
| Maloto | Valérie Rosaire | 16rég.infanterie | 01/10/18 | hôpital Francheville, Marne | St Denis | 19/02/91 | maladie imputable au service : grippe infectieuse | ||||
| Maloto | henri | ||||||||||
| Payet | Bastien Louis | 56ème régiment infanterie coloniale | 28/10/16 | Serbie | St Joseph | 03/01/94 | tué à l'ennemi | ||||
| Renaudière | Tommy (Thierry) | 19/07/18 | Saïgon | maladie | |||||||
| Simatave (écrit Simataye sur le monument) | Charles | 22ric | 12 11 18 | Marseille (hôpital des Fleurs) | 1898 | 2ème classe | grippe | 20 ans | |||
| Soupin | Joseph | 77R artillerie lourde | 14/03/18 | Hopital mixte (EURE) | St Denis | 19/08/189996 | 2ème classe | pneumonie | |||
| Villèle (de) | Yves | Ric Maroc | 21/09/18 | Oise | 1896 | aspirant | tué à l'ennemi | ||||
| Zafinedravoul | paul | 16/09/19 | Hôpital de Bourg (ain) | Ste Marie, recruté à Ste Suzanne | 15/12/98 | tuberculose pulmonaire |
Mieux que "Qui veut gagner des millions" ! Les questions pendant l'entretien oral du bac :
le jour de l'oral du bac,
précisément pendant l'entretien, il arrive que l'on se trouve
confronté à des questions... que l'on n'avait pas prévues.
Voici donc les questions
que vous ne vouliez pas entendre et les réponses
que vous auriez aimé savoir :
Question 1 :
Beaumarchais, espion et trafiquant d'armes : oui, mais pour le
compte de quels pays ? (tirade de Figaro)
« The »
réponse : espion pour le roi de France, en Angleterre et
trafiquant d'armes en Amérique pendant la guerre d'indépendance (il
avait été envoyé officiellement mais a réalisé des profits
personnels)
A propos de Beaumarchais, un film porte
son nom, joué par Fabrice Luchini, cela peut être utile aussi pour
se représenter concrètement le XVIIIème siècle, siècle des
Lumières (de l'esprit, donc des philosophes.
Question 2 :
Connaissez-vous le mythe du bon sauvage ?
( Supplément au voyage de Bougainville de Diderot)
« The »
réponse : le mot sauvage
représente ici les personnes qui n'appartiennent pas à L'Ancien
Monde, c'est à dire l'Europe. Donc, par exemple les Tahitiens de
Diderot mais cela peut aussi être les Indiens d'Amérique de
Montaigne (XVIè).
Tous
ces écrivains montrent « le sauvage », donc non
civilisé, façon européenne, comme une personne NATURELLEMENT
BONNE, non corrompue, non abîmée par nos défauts d'Européens (à
savoir la guerre, la religion intolérante de l'époque, l'argent, le
goût du pouvoir, le désir de posséder....)
Cela va donc avec le mythe de la Mère Nature, bonne et bienveillante.
Question
3 : Qui est la femme aimée par Baudelaire dans l'Invitation au
voyage ?
« The »
réponse intelligente serait : la femme
idéale, la femme rêvée qui
constitue un voyage symbolique. Mais imaginons que votre jury soit
plus terre à terre et veuille un nom précis !
Ce
poème appartient à la première partie des Fleurs du Mal et
fait partie de la dizaine de poèmes inspirés par une comédienne
MARIE DAUBRUN, appelée aussi La belle aux cheveux d'or, du nom d'une
pièce qu'elle avait jouée.
Question
4 : Pourquoi François Villon est-il en prison quand il écrit
La ballade des pendus ?
Là
encore, la réponse n'est pas si intéressante que cela ! En
effet, la vie de Villon est si mystérieuse (cela date du Moyen Age)
qu'on ne sait même pas quand il est mort. Son nom a tout simplement
disparu. Il y a plusieurs hypothèses : bataille au couteau et
autodéfense ayant entraîné la mort de son agresseur ;
d'autres historiens indiquent un cambriolage.
Il
est plus intéressant de souligner que Villon est devenu un mythe
littéraire (et musical car le mot ballade avec 2 L désigne un type
de poème avec refrain ou une chanson, pas une promenade!!!)
Du
coup, on garde de lui son côté poète dissident, un « voyou
littéraire », comme Baudelaire le côté poète maudit (dans
L'Albatros par ex).
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