vendredi 28 mars 2014

Une liste de 20 titres pour les élèves de seconde qui voudraient préparer une première Littéraire :



Lisez dix de ces livres avant la fin du 3ème trimestre pour savoir si, oui ou non, la littérature vous plaît. Et gardez les dix autres pour le temps des vacances de juillet / Août :
Quel que soit votre choix d'orientation, vous devrez travailler sur le personnage de roman : aussi faites une fiche sur les personnages importants après chaque lecture romanesque.

Les Romans :

XXIème siècle
Eldorado de Laurent Gaudé ou Neige de Maxence Fermine

Neige écrit par Maxence Fermine




XXème siècle
L'oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar
La vie devant soi de Romain Gary (Emile Ajar)

XIXème siècle
Salammbô de Gustave Flaubert
La peau de chagrin d'Honoré de Balzac

XVIIIème siècle :
Manon Lescaut de l'abbé Prévost
Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos



Littérature étrangère :
Russie
Le maître et Marguerite Mikhaïl Boulgakov

Japon
Naufrages de Yoshimura ou Le marin rejeté par la mer de Mishima



Suède
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson ou Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

Italie
Si c'est un homme de Primo Levi
Novecento pianiste ou Soie d'Alessandro Baricco

GB
De grandes espérances ou Oliver Twist de Charles Dickens
Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde

USA
Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald

Côte d'Ivoire
Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma




Le théâtre
Huis clos de Jean-Paul Sartre
Zoo ou l'assassin philanthrope de Vercors

Nouvelles 

La guerre est déclarée et autres nouvelles d'Annie Saumont (éditions GF)
Fables de Stevenson (USA) (éditions rivages poche)









mercredi 26 mars 2014

Quand La BD est réaliste : Jacques Tardi VS Rimbaud


Le Dormeur du Val D'Arthur Rimbaud

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Octobre 1870



Comment les horreurs de la guerre sont-elles mises en relief par ces auteurs, tout en conservant de l'humanité, voire de l'espoir ?

vendredi 21 février 2014

Fiche méthode : la (ou les) question(s) de corpus.



Vous avez 4h en tout à l'écrit : Cette première partie de l'épreuve écrite doit vous occuper au maximum 1H15 (pour les séries L,  S et ES sur 4 pts)  ou 1H30 (pour les séries STMG sur 6 pts) ou  de façon à garder suffisamment de temps pour la rédaction qui suivra (la 2e partie sur 16 ou 14 pts).

C'est un exercice qui vise à évaluer vos qualités de compréhension des textes et votre capacité à synthétiser une réponse (maximum un recto/verso).
Le but est la comparaison des textes composant le corpus (3 à 4 textes dans un seul objet d'étude, avec parfois une illustration)

Concrètement :
A/une introduction rapide en 3 étapes mais 1 seul paragraphe
l'étape 1 : on présente : titres de œuvres, auteurs et époques en évitant les répétitions de ce qui est semblable.
L'étape 2 : on peut formuler une problématique rappelant le thème commun
L'étape 3 : le plan est donné par le ou les questions que l'on rappelle.
Erreurs fréquentes : vocabulaire répétitif, orthographe des auteurs et titres, titres non soulignés, questions non exprimées

B/Un développement où chaque partie répond à une des 2 questions mais en abordant plusieurs textes.
S'il n'y a qu'une seule question,
 on peut faire 2 parties : points communs et différences

Erreurs fréquentes dans le développement : il ne faut pas oublier un des textes. Ne pas faire une étude détaillée comme pour un commentaire composé. Enfin, penser à citer au moins une fois chaque texte (courte citation bien choisie pour accompagner une réponse à une des questions).

C/ Une courte conclusion qui :
résume l'essentiel, donne une ouverture éventuellement sur un texte qu'on aurait pu ajouter à ce corpus.
Erreurs fréquentes : oublier la conclusion ou refaire la même chose qu'en introduction.

Dernière remarque : Ne rédigez pas votre brouillon, mais notez vos idées dans un tableau qui prépare le plan ; le temps gagné vous permettra de prendre 5 mn pour vous relire.
Exemple de brouillon avec 2 questions :
Notes de lectures
pour :
Partie 1 du développement pour répondre à la première question Partie 2 du développement pour répondre à la 2nde question
Le texte A Je note au moins un argument et une citation en réponse à la question idem
Le texte B idem idem
Le texte C idem idem

Ou Exemple de brouillon pour une seule question :
Notes de lectures
pour :
Partie 1 du développement pour
les réponses communes aux textes ou à certains textes
Partie 2 du développement pour les réponses différentes selon les textes
Le texte A Je note au moins un argument et une citation en réponse... Idem (une seule case peut être vide par colonne)
Le texte B idem idem
Le texte C idem Idem

mercredi 20 novembre 2013

Poème "A la santé" Apollinaire (Alcools)


A la santé : Intro en 3 étapes sans oublier la lecture avant ou après la problématique :
quels sont les buts de l'écriture carcérale
A/Le thème du temps B/L'univers carcéral C/Donner du sens (à la prison)
a/Une forme close : le fragment I et VI ont des ressemblances :
« avant d'entrer dans ma cellule » est l'arrivée en prison alors que le dernier extrait montre la sortie « le jour s'en va » et reprise du mot cellule.
Le temps en prison dessine une boucle.
a) le dénuement (de « nu »)
Tout prisonnier doit se mettre à nu en arrivant
I :
mais en plus il y a une ressemblance entre « Guillaume » et les murs qui l'entourent pour la nudité
VI :
et pour la pâleur
IV :
a) en écoutant : pour ne plus être seul, le prisonnier utilise l'ouïe
Relever les sons faits par les autres prisonniers : fragment I, II (strophe 3), le gardien (III).
Enfin, il y a un son symbolique, impossible à entendre, d'une cellule à l'autre : poème IV, strophe 3 :


b/La répétition :
le temps des prisonniers est un éternel recommencement : valeur itérative du présent et mots « tournons » ou vers répétés dans l'extrait III : v1 et 2 ou 7 et 8
b) le motif de la chaîne réelle ou symbolique
La chaîne symbolise la prison ou l'esclavage. Ici elle est d'abord un bruit :
IV :
C'est aussi la chaîne des mains :
« chantante ronde » I vers 7 et 8
Enfin, c'est un symbole
III V.4 :
image surréaliste qui montre que le prisonnier n'a presque pas de vue
VI : « « Et prisonnier sans horizon/ je ne vois rien qu'un ciel hostile »
b) en priant :
seul le poème IV rappelle un peu la Ballade des pendus de Villon. Dieu est destinataire
pour demander....




c)l'ennui : du coup le poète se lasse IV « Que je m'ennuie » et fragment V « Que lentement passent les heures », cela rappelle le poème « Le pont Mirabeau » avec le refrain :
« les jours s'en vont je demeure »
c) le spectre de la mort
I strophe 2 : histoire de Lazare à l'envers
Au lieu de rescusciter, il rentre dans la tombe, « la fosse » (III)
Enfin, on pense à la mort à cause du champ lexical
V, vers 2
ou à la mouche (IV) compagne des cadavres...
c) en écrivant
relever le champ lexical de l'écriture
Le poète se décrit en train de faire ses poèmes dans le texte II
et cela lui apporte de la joie « les pitres »
Mais au poème IV, son moral s'est dégradé « ce désespoir qui la gagne »

l'écriture sert surtout à ne pas perdre l'esprit « débile raison » et la lumière du dernier poème est autant celle de la lampe que celle de l'esprit : « belle clarté chère raison »
Conclusion : Seul poème où le prénom de Guillaume apparaît (inspiration autobiographique)
Ouverture avec Villon (Epitaphe) //opposition entre le « nous » fictif de Villon qui le  rapproche de ses "frère humains" et la solitude exprimée chez Apollinaire qui conclut par un dialogue avec lui-même

lundi 4 novembre 2013

La loreley vue par Apollinaire


« La loreley »
A ajouter aux éléments classiques de l'étape 1 de l'introduction : la situation du texte dans le recueil : -dans une sous-partie du recueil Rhénanes(poèmes parmi les plus anciens, écrits en Allemagne)
vocabulaire à retenir : distisques (strophes de 2 vers)
Alternance de récit et de dialogue d'une strophe à l'autre
les vers sont parfois des alexandrins, mais la manière de compter ou non le E muet n'est pas classique.
Préparation demandée sur les personnages :
la femme (sorcière éponyme) et l'évêque, puis les chevaliers ; enfin l'amant qui ne parle pas (réel ou vision?)
problématique possible :
Comment la reprise d'une légende ancienne exprime-t-elle un lyrisme très personnel ?
Penser à lire le texte à l'oral
I/ Légende :
associée à un lieu : le Rhin (comme cette partie du recueil Rhénanes)
comme dans les contes de fée, un temps imprécis, couleur médiévale ( = Moyen Age) avec les chevaliers et l'évêque, et bien sûr la chasse aux sorcières.
Forme du distique qui aide la compréhension pour séparer les répliques.
Le manichéisme Vierge et sorcière
passé simple du récit, souligné par la faute de conjugaison volontaire « l'absolvit »

II/Mourir d'amour : le feu
1/métaphore des flammes et des yeux
« je flambe dans ces flammes » contagion de l'amour
« ses yeux brillaient comme des astres »

2/lyrisme de la douleur amoureuse et répétition « mon cœur me fait si mal... »
prénom décomposé et répété « Lore en folie » et répétition régulière de son nom en début ou fin de vers : reprise d'un poème allemand mais aussi référence au mythe antique d'Echo (écho des cris des chevaliers et répétitions) et Narcisse (dans le livre Les Métamorphoses d'Ovide)


III/ la boucle du destin : l'eau
thème de l'eau et du miroir « pour me mirer une fois encore » (Narcisse amoureux de son reflet dans le mythe)
à la fois séduction et destruction
« si je me regardais il faudrait que j'en meure »
« et mon amant s'y tient il m'a vu il m'appelle »
allitération en [m]
strophe 17 et 18 : alternance en miroir de récit parole parole récit/chiasme de la place de Rhin et amant
métamorphose finale par le jeu de la métaphore :
« ses yeux couleur du Rhin  ses cheveux de soleil »
le poème se conclut sur les 2 motifs de l'eau (du fleuve) et du feu (céleste) utilisés pour décrire les attributs de la séduction de la figure féminine « aux yeux tremblants » « ses cheveux déroulés »

Pour conclure comme dans le mythe où Echo la nymphe se métamorphose, Loreley est devenue le Rhin quand le Rhin engloutit Loreley.Le motif légendaire, simple en apparence se complique de jeux symboliques (les éléments eau et feu, les miroirs, la réversibilité). Dans Alcools, Apollinaire exprime souvent la douleur apportée par l'amour, avec lyrisme ( parle de lui-même mais d'une façon musicale, c'est à dire sublimée par l'art).