samedi 21 septembre 2013

Devenir un maestro du commentaire composé avec « Te Quiero » de Stromae



Je vous propose des notes de travail pour rédiger votre devoir.
La problématique générale de la séquence est : les poètes sont-ils tous des dissidents ? (STMG)
ou bien « L'écriture poétique est-elle nécessairement musicale ? (S)
Il s'agit ci-dessous d'un plan détaillé ; vous avez une semaine avant la version rédigée

Pour l'intro, présenter Stromae, chanteur francophone belge. Citer l'album Cheese et le titre « te quiero » qui ajoutent déjà deux langues européennes et annoncent l'humour (cheese pour sourire sur une photo) et l'amour (déclaration en Espagnol)

les axes de lecture pour cette chanson sont :
le thème de l'amour perdu
la distance ironique

on pourrait donc faire précéder le plan par une problématique telle que « Est-ce une déclaration d'amour ou le récit d'une rupture ? »

Chapitre I Une chanson d'amour :
a) la rencontre
« un jour je l'ai vue » premier regard
b) la séduction : « bisous, bijoux et tralala » ; phrase nominale au rythme ternaire rapide.
Des cadeaux, des marques de tendresse et des chansons ou de belles paroles
c) les serments : « on se dira oui, mais pour la vie » le mariage est suggéré mais pas cité.
Tout va très vite dans le premier couplet.
Les clichés de la chanson d'amour sont repris « je l'aime à mort » fait penser au célèbre « je l'aime à mourir » de Cabrel ; l'espagnol rappelle les sérénades (chansons d'amour la nuit « tralalas »)
d)la soumission exprimée par « je voudrais être son ombre » référence à J. Brel  (Belge aussi) dans 
« Ne me quitte pas » : « l'ombre de ton chien »
    transition : ellipse du récit amène directement au premier enfant et à la première rupture :
Chapitre II Chanson de rupture
a)Le divorce non cité, implicite avec des mots-images simples : juge / enfant / Télé sous l'bras
le déterminant possessif « notre » transformé en « sien » souligne la séparation.
Suggestions : « imagine-moi » l'auditeur doit faire sa part du travail

b)Dans le second couplet, impression de répétition : « reverrais »  « ça s'ra reparti » « une fois de plus répétitif ».
Il s'agit d'une gradation (ou d'une dégradation) : « mais cette fois-là sans domicile »
détails triviaux « mes jeans sales » « odeur de pisse » rompent avec stéréotypes poétiques et soulignent encore la ressemblance avec Brel (...et ça sent la morue jusque dans l'coeur des frites) : le narrateur de Stromae est un cœur d'artichaut qui ne peut échapper à l'amour.

c)rupture avec la vie 
Du coup l'expression « je l'aime à mort » devient menaçante (répétée plus de 10X de suite) et se concrétise :
« moral bas en haut d'un pont » oxymore efficace pour faire imaginer le suicide. Cette rupture avec la vie : soulignée par la musique
le pont musical (homonymie volontaire?) stoppe la rythmique (percussions) et le piano dans les aigus continue en solo dans les graves quelques accords : dégringolade musicale qui mime la chute dans le vide
voix de Stromae très proche du timbre de Brel : vraie tristesse ou parodie ?

Chapitre III Une chanson d'humour : la distance ironique
a)le thème du jeu inutile de la séduction : « jeux absurdes » « tour de piste » vu comme des gladiateurs qui jouent à mort
b)jeux de mots : jeux de sons avec les paronymes« bisous bijoux » ou des homonymes français espagnol : je l'aime à mort/ amor (cf te quiero) ou je voudrais être son ombre/hombre

c)jeux sur le sens « mots doux et coups bas » : rythme binaire et antithèse entre tendresse et brutalité mais aussi correspondance du sens « doux » dit tout « bas »
rime signifiante « je la déteste » « qu'elle y reste » : dualité des sentiments dans le refrain (comme un dialogue avec soi)
d)jeu musical
Les mots sont musicaux : beaucoup de monosyllabiques (cF phrase au dessus : mots/ doux/ et/ coups/ bas)
A côté du refrain, le titre « te quiero » est un leit motiv qui supplante « la grosse basse » dont parle si souvent le chanteur dans ses « leçons » en vidéo.

Transition : chanson à l'humour noir ? Véritable angoisse ou « tralala » paroles futiles et dansantes comme la musique ?

Pour la conclusion
La rupture va de pair avec l'amour comme mort avec vie (Montaigne)
Stromae cultive sa marginalité : son sourire comme sur la pochette Cheese est un leurre et une réalité :
retour à la norme « comme tout le monde j'vais en souffrir » une boucle, un destin impossible à éviter « on ne changera pas la vie » Le chanteur auteur compositeur interprète : conscient
il nous prévient « alors on danse »
autres ouvertures possibles : les Rita Mitsouko « Les histoires d'amour finissent mal en général »
ou analyse du clip de Stromae avec distance ironique au début : on voit que c'est un tournage, illusion cassée dès le départ. (l'amour est une fiction)


« Te quiero » de Stromae, album Cheese (2010)

Un jour je l'ai vue j'ai tout de suite su que
Qu'on allait devoir faire ces jeux absurdes
Bijoux, bisous et tralala
Mots doux et coups bas
Insultes, coups, etc, etc...
Non, pas les miens mais les siens oui
Notre enfant d'viendra aussi le sien ensuite
Enfin c'est le juge qui insistera j'imagine
Imagine-moi, télé sous le bras et mes jeans sales et puis tout ça

Je l'aime à mort, mais pour la vie
On s'dira oui, à la vie à la mort
Et même en changeant d'avis, même en sachant qu'on a tort
On ne changera pas la vie donc comme tout le monde j'vais en souffrir jusqu'à la mort
Refrain:
Te quiero
J'voudrais être son ombre
Mais je la déteste
Te quiero
Même au bout du monde
Et bien qu'elle y reste
Te quiero
Oui je l'aimais tellement
Que je l'aime encore
Te, te quiero
Je n'aurais pas l'choix non
Jusqu'à la mort
Te quiero (x2)

Te quiero
Un jour j'la reverrais et je le saurais tout de suite
Que ce s'ra reparti pour un tour de piste
Un môme de plus, un nouveau juge
Et puis leurs odeurs de pisse
Ça d'viendra juste une fois de plus répétitif
Imagine-moi dans mes vieux jeans
Mais cette fois-là sans domicile
Le moral bas en haut d'un pont, d'une falaise ou d'un building
J'aurais l'air d'un con quand j'sauterai dans le vide
Je l'aime à mort x2 /x3 /x3 /x3

Je l'aime à mort mais pour la vie
On s'dira oui, à la vie à la mort
Et même en changeant d'avis, même en sachant qu'on a tort
On ne changera pas la vie donc comme tout le monde j'vais en souffrir jusqu'à la mort

dimanche 8 septembre 2013

Poésie : du Moyen-Age à La Renaissance

Les étoiles de La Pléiade littéraire sont parfois si lointaines qu'on ne sait si elles existent. Promenez-vous du côté de la biographie de François Villon ou de Louise Labé dite La Belle Cordière et vous trouverez d'éminents chercheurs prêts à les porter au sommet de l'art d'écrire ou au contraire à leur nier toute existence. Ainsi La belle Cordière serait-elle une oeuvre de papier ? Je vous renvoie à l'article de Libération, par le lien ci-contre. A vous de vous faire votre opinion. Ce qui est certain, c'est que sa poésie existe et c'est elle notre objet d'études.

vendredi 23 août 2013

Plonger dans le XVIIème siècle

Comment glisser la tête dans la France de Louis XIV ? Des passionnés ont déjà créé des sites permettant par exemple d'avoir le trombinoscope des auteurs de l'époque :
allez voir  les liens ci-contre...

mercredi 10 juillet 2013

Esprit de synthèse

Vive les salles d'attente ! O.R.L... 2 heures, dont une debout.
Que retenir ? La dédicace du livre de François Cheng, Le dialogue :

"Le diamant du lexique français pour moi, c'est le substantif "sens". Condensé en une monosyllabe - sensible donc à l'oreille d'un Chinois- qui évoque un surgissement, un avancement, ce mot polysémique cristallise en quelque sorte les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l'univers vivant : sensation, direction, signification."

samedi 29 juin 2013

Dévorer des livres

Certains ne résistent pas à la vitrine d'une pâtisserie ; personnellement, il m'est également dangereux de rentrer dans une librairie. Je cède à la tentation sous prétexte de faire des cadeaux (que je trouve) et je repars avec ces titres pour moi :

Anthologie de l'OULIPO (ouvroir de littérature potentielle, grand magasin fantaisiste d'un surréalisme sous contrainte volontaire) chez NRF poésie / Gallimard

j'ai à peine feuilleté l'ouvrage que je ne sais lequel choisir. La variation sur "Longtemps je me suis couché de bonne heure" ou la parodie osée des tables de multiplication... l'hybridation de deux fables de La Fontaine ou les poèmes à écrire dans le métro ?
Allez, une proposition de la série des "Jocondes" :

"Dès qu'un tableau est peint, son modèle commence à lui ressembler de moins en moins."

La seconde sucrerie que je me suis permise est d'Ambrose Bierce, Les fables de Zambri, aux éditions le Dilettante. je ne les ai pas encore terminées juste parce que ma fille (l'ado) me les a piquées.

Je ne citerai qu'une morale (qui en vaut beaucoup d'autres) :

"Si le lecteur a compris quelle leçon tirer de cette histoire, il en sait autant que son auteur"



lundi 24 juin 2013

Après une journée d'oral...

Je ne sais pas où vous en êtes, mais voici un seul conseil pour ceux qui ne sont pas encore passés à l'oral : restez dans le dialogue. Cela vaut du début à la fin de l'épreuve.
rien de pire que le candidat qui lit sa feuille sans un regard. déjà l'exposé dure à peine 3mn avec cette technique ; du coup vous avez 17 mn de questions au lieu de 10.
En plus, c'est difficile d'écouter avec attention quelqu'un qui fait comme si vous n'étiez pas là.
Enfin, ce mot de "dialogue" sous-entend la prise en compte de la question donnée avant l'exposé : c'est elle qui doit vous permettre de composer un plan (elle ne peut pas être juste une partie de votre plan).
En revanche évitez de montrer trop ostensiblement que vous n'aimez pas un texte ou de dire directement à l'examinateur que vous ne lisez jamais. C'est bien la sincérité, mais pas au stade de la provocation.
Donc dialogue, oui, confidences non...
Allez, c'est bientôt fini !

samedi 22 juin 2013

Le vide et le plein, par Nicolas Bouvier

"L'écriture naît d'une illusion : illusion que je suis meilleur que moi-même, plus pénétrant, plus généreux et sensible. Illusion aussi que je suis capable d'écrire. Lorsque cette illusion est maintenue assez longtemps -comme un révélateur qu'on porte à température- elle devient réalité, j'écris et je m'ajuste aux exigences de l'écriture."

Nicolas Bouvier, genevois, est un voyageur et photographe qui a beaucoup écrit sur le Japon. Dans cet extrait de ses carnets, Le vide et le plein, il utilise le mot "révélateur" qui ne parle sans doute plus à ceux qui n'ont pas ou peu connu la photo argentique ; la pellicule roulée, la chambre noire (en fait rouge par la lumière) et le bain de révélateur à 20 °C où le papier blanc soudain dévoile la photo longtemps attendue, ses ratés ou ses chances.
Aux archives Départementales de Saint-Denis (à Champ Fleury), une expo sur le photographe Jean Colbe présente ces objets du passé : films, agrandisseurs, révélateurs.
 Allez-y avant que l'expo ne parte : fin le 28 juin !!!! elle est gratuite et possède d'autres charmes comme un extrait de film de François Truffaut tourné avec Catherine Deneuve à La Réunion, sur une route littorale méconnaissable.