mercredi 10 juillet 2013

Esprit de synthèse

Vive les salles d'attente ! O.R.L... 2 heures, dont une debout.
Que retenir ? La dédicace du livre de François Cheng, Le dialogue :

"Le diamant du lexique français pour moi, c'est le substantif "sens". Condensé en une monosyllabe - sensible donc à l'oreille d'un Chinois- qui évoque un surgissement, un avancement, ce mot polysémique cristallise en quelque sorte les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l'univers vivant : sensation, direction, signification."

samedi 29 juin 2013

Dévorer des livres

Certains ne résistent pas à la vitrine d'une pâtisserie ; personnellement, il m'est également dangereux de rentrer dans une librairie. Je cède à la tentation sous prétexte de faire des cadeaux (que je trouve) et je repars avec ces titres pour moi :

Anthologie de l'OULIPO (ouvroir de littérature potentielle, grand magasin fantaisiste d'un surréalisme sous contrainte volontaire) chez NRF poésie / Gallimard

j'ai à peine feuilleté l'ouvrage que je ne sais lequel choisir. La variation sur "Longtemps je me suis couché de bonne heure" ou la parodie osée des tables de multiplication... l'hybridation de deux fables de La Fontaine ou les poèmes à écrire dans le métro ?
Allez, une proposition de la série des "Jocondes" :

"Dès qu'un tableau est peint, son modèle commence à lui ressembler de moins en moins."

La seconde sucrerie que je me suis permise est d'Ambrose Bierce, Les fables de Zambri, aux éditions le Dilettante. je ne les ai pas encore terminées juste parce que ma fille (l'ado) me les a piquées.

Je ne citerai qu'une morale (qui en vaut beaucoup d'autres) :

"Si le lecteur a compris quelle leçon tirer de cette histoire, il en sait autant que son auteur"



lundi 24 juin 2013

Après une journée d'oral...

Je ne sais pas où vous en êtes, mais voici un seul conseil pour ceux qui ne sont pas encore passés à l'oral : restez dans le dialogue. Cela vaut du début à la fin de l'épreuve.
rien de pire que le candidat qui lit sa feuille sans un regard. déjà l'exposé dure à peine 3mn avec cette technique ; du coup vous avez 17 mn de questions au lieu de 10.
En plus, c'est difficile d'écouter avec attention quelqu'un qui fait comme si vous n'étiez pas là.
Enfin, ce mot de "dialogue" sous-entend la prise en compte de la question donnée avant l'exposé : c'est elle qui doit vous permettre de composer un plan (elle ne peut pas être juste une partie de votre plan).
En revanche évitez de montrer trop ostensiblement que vous n'aimez pas un texte ou de dire directement à l'examinateur que vous ne lisez jamais. C'est bien la sincérité, mais pas au stade de la provocation.
Donc dialogue, oui, confidences non...
Allez, c'est bientôt fini !

samedi 22 juin 2013

Le vide et le plein, par Nicolas Bouvier

"L'écriture naît d'une illusion : illusion que je suis meilleur que moi-même, plus pénétrant, plus généreux et sensible. Illusion aussi que je suis capable d'écrire. Lorsque cette illusion est maintenue assez longtemps -comme un révélateur qu'on porte à température- elle devient réalité, j'écris et je m'ajuste aux exigences de l'écriture."

Nicolas Bouvier, genevois, est un voyageur et photographe qui a beaucoup écrit sur le Japon. Dans cet extrait de ses carnets, Le vide et le plein, il utilise le mot "révélateur" qui ne parle sans doute plus à ceux qui n'ont pas ou peu connu la photo argentique ; la pellicule roulée, la chambre noire (en fait rouge par la lumière) et le bain de révélateur à 20 °C où le papier blanc soudain dévoile la photo longtemps attendue, ses ratés ou ses chances.
Aux archives Départementales de Saint-Denis (à Champ Fleury), une expo sur le photographe Jean Colbe présente ces objets du passé : films, agrandisseurs, révélateurs.
 Allez-y avant que l'expo ne parte : fin le 28 juin !!!! elle est gratuite et possède d'autres charmes comme un extrait de film de François Truffaut tourné avec Catherine Deneuve à La Réunion, sur une route littorale méconnaissable.


mercredi 19 juin 2013

390 bougies...


A cette heure-là, les candidats en S relisent leur copie tandis que les élèves de STMG prennent des forces pour la fin d'après-midi.
Pour passer le temps, j'observe le calendrier des Grands hommes...

Blaise Pascal est né le 19 juin 1623, ce qui lui fait 390 années (enfin seulement 39 tout vif). Entre temps, il nous a laissé une unité de mesure, des progrès scientifiques (inventeur d'une calculatrice mécanique) et quelques pensées...
J'ai demandé cette année à des élèves de seconde de nous aider à comprendre Pascal. Voici leurs réponses :

Pensée N°105 « La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable. »
Pascal nous dit que tout être se reconnaissant misérable est grand du fait qu'il se reconnaisse misérable. Donc l'homme de ce fait est grand. Mais l'arbre ne pouvant se reconnaître tel, ne l'est pas. (Elisa)

N°186 « L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant »
Cette pensée exprime le fait que l'homme est faible face à tout être vivant, mais étant pensif et intelligent, il peut construire et créer pour « paraître » plus fort. L'homme est faible physiquement mais fort intellectuellement, donc matériellement. (Johan)


N°127 « Qu'on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l'esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l'on verra qu'un roi sans divertissement est un homme plein de misères. »
j'ai compris qu'un roi sans divertissement est un roi malheureux. Un roi qui n'a pas d'idées est un roi qui ne sert pas à grand chose. (Julien N)

N° 39 « Combien de royaumes nous ignorent ! »
Selon moi, cette pensée fait référence à l'ignorance que les hommes ont par rapport au monde.
D'une part, le monde est trop grand, il y a de trop nombreux « royaumes », trop de cultures différentes, trop de personnes... Il serait alors impossible que quelqu'un sache tout cela.
D'autre part, cela signifie aussi que nous sommes ignorés par beaucoup de personnes mais également que nous nous ignorons nous-mêmes !
Ce qui est frustrant. (Alexia)

-ce qui est frustrant aussi, c'est de ne pas savoir comment ça s'est passé pour vous.


mardi 18 juin 2013

A la veille de l'écrit...

Il y a un grand homme qui s'est éteint en début de semaine. Ce monsieur avait 102 ans, et s'appelait Maurice Nadeau ; écrivain et éditeur jusqu'au bout, il a oublié de prendre sa retraite. Il voulait "le soulèvement des mots" comme "le soulèvement des foules". Il a découvert Georges Perec, un autre personnage de la littérature qui a écrit que "penser", c'est "classer".

Alors pensez, classez, soulevez les mots, soupesez vos idées et faites-les partager à ceux qui liront vos copies. Mais cette nuit, laissez reposer les esprits et les corps.

dimanche 16 juin 2013

Eléments de corrigé pour le commentaire composé sur l'extrait de L'étranger



Cette page extrêmement célèbre de la littérature a de multiples commentaires, brillants. La proposition qui suit se veut, à l'opposé, la plus simple possible. Pour ceux qui ont essayé ce sujet, j'espère que vous vous direz : mon commentaire est meilleur, et que vous aurez raison....

Intro : Etape 1 Incipit (= ça commence) de L'étranger, roman du XXème siècle (1942) écrit par Albert Camus, prix Nobel de littérature. Le personnage de ce roman, Meursault, vit en Algérie, pays natal de l'écrivain.
Etape 2 Pbtique : Comment le personnage principal est-il présenté dans un monde d'emblée opposé au « héros » ?
Etape 3 Plan : Dans une première partie un cadre spatio-temporel hostile
Seconde partie le protagoniste, Meursault et sa relation avec les autres.

1/ Un cadre spatio-temporel hostile (désagréable)

Un temps imprécis, lié au doute du personnage « Aujourd'hui...Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
p. 10 « sans doute après-demain »
première précision « J'ai pris le bus à 2h » mais négatif car il doit courir pour ne pas être en retard.

Retour dans le passé : depuis 3 ans sa mère est à l'asile ; peu à peu il arrête d'aller la voir « parce que cela me prenait mon dimanche ».

Le poids des lieux :
« L'asile est à Marengo, à 80km d'Alger » : donc il doit aller loin, en peu de temps et « Il faisait très chaud » / Lieu présenté : le resto chez Céleste /L'asile « à 2 km du village » obligé de marcher.

2/ « Je » et les autres

« maman » : premier personnage cité, il n'écrit pas « mère », donne un côté enfant à l'adulte. D'ailleurs le directeur l'appelle « mon cher enfant » (p 11)
« Mère décédée » : télégramme froid, rapide, inhumain ?

« Je » récit à la première personne comme une autobiographie (mais c'est un roman) / on apprend qu'il est employé (2 jours de congés à mon patron)
On apprend qu'il est pauvre (emprunt de la cravate p 10) « vos salaires sont modestes » p 11

« je » n'aime pas parler « j'ai dit oui pour n'avoir plus à parler » p 11. : introverti (enfermé en soi)
Il est plutôt solitaire alors que sa mère a réussi à se faire des amis.

La question du bonheur :
elle est évoquée par rapport à la mère « elle pleurait souvent »/ Ensuite le bonheur vient « à cause de l'habitude » p 12, mais lui, est-il heureux ?

Conclusion étape 1 : Le personnage principal de Meursault (sans prénom) est présenté au moment où il perd le dernier membre de sa famille. Mais cette solitude est accentuée par l'absence d'émotions exprimées : on ne sait pas s'il est malheureux. Il semble ne pas avoir de sentiments, mais juste des sensations (ex il fait trop chaud).
Etape 2 : A la fin du livre, c'est cette incapacité à pleurer sa mère qui va influencer son procès et le faire condamner à mort.