jeudi 23 avril 2015

Autour de Carmen de Stromae : Sylvain Chomet


Prolongement de la réflexion autour de l'exercice suivant :
Bonjour voici un lien pour un court-métrage d'Andreas Hykade, représentant 
l'addiction :
Nuggets court-metrage 
le second est le dernier clip de stromae :
Carmen de Stromae en images

Questions:
1/ Quels points communs trouvez-vous à ces deux vidéos ?
2/ Laquelle préférez-vous ? Si vous n'en aimez aucune, laquelle détestez-vous le plus ? Ce qui compte c'est de justifier son jugement.


Je vous conseille deux longs-métrages de Sylvain Chomet, le réalisateur du clip de Carmen


Triplettes de belleville : le tour de France

En 2003, Sylvain Chomet réalise un dessin animé (2003) où l'être humain est montré avec ses aspirations, ses ambitions (un jeune coureur cycliste coaché par sa grand-mère à coup de sifflets) mais aussi ses laideurs (corruption, exploitation de l'homme par l'homme...)
Kidnappé, le coureur est embarqué pour L'Amérique où se déroule la seconde partie de l'intrigue :

Triplettes de Belleville : galerie de célébrités


Vous reconnaîtrez (ou vous découvrirez) des célébrités de l'entre-deux guerre : le chanteur Charles Trenet dit le fou chantant, le guitariste Django Reinhardt, la danseuse Joséphine Baker et le danseur de claquettes Fred Astaire ...

Vous repérerez également tout le pessimisme du réalisateur, déformant jusqu'au cauchemar et au surréalisme les défauts de l'humanité.

L'illusionniste (2010)



Carmen paroles et musique de Stromae
2013, clip de : Sylvain Chomet (2015)

L'amour est comme l'oiseau de twitter
On est bleu de lui seulement pour 48 heures
D'abord on s'affilie, ensuite on se follow
On en devient fêlé, et on finit solo

Prends garde à toi et à tous ceux qui vous like
Les sourires en plastique sont souvent des coups d'hashtag
Prends garde à toi! Ah les amis, les potes ou les followers?
Vous faites erreur vous avez juste la côte

[Refrain]
Prends garde à toi si tu t'aime
Garde à moi si je m'aime
Garde à nous garde à eux
Garde à vous et puis chacun pour soi
Et c'est comme ça qu'on s'aime s'aime...
Comme ça consomme somme...
(x4)

L'amour est enfant de la consommation
Il voudra toujours toujours toujours plus de choix
Voulez voulez-vous des sentiments tombés du camion
L'offre et la demande pour unique et seule loi

Prends garde à toi! Mais j'en connais déjà les dangers moi, 
J'ai gardé mon ticket et s'il le faut j'vais l'échanger moi
Prends garde à toi! Et s'il le faut j'irai me venger moi
Cet oiseau de malheur je l'mets en cage, j'le fais chanter moi

[Refrain]
Prends garde à toi si tu t'aime
Garde à moi si je m'aime
Garde à nous garde à eux
Garde à vous et puis chacun pour soi
Et c'est comme ça qu'on s'aime s'aime...
Comme ça consomme somme...
(x4)

Un jour t'achètes, un jour tu aimes
Un jour tu jettes, mais un jour tu payes
Un jour tu verras on s'aimera
Mais avant on crèvera tous comme des rats
(onomatopées : et eux?)

Carmen, musique de Bizet (1875:opéra)

livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy

d'après une nouvelle de Prosper Mérimée (1845)


L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser
Rien n'y fait, menace ou prière
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit, mais il me plaît

[Refrain]
L'amour (× 4)
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais, jamais, connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Et si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi
(X2)


L'oiseau que tu croyais surprendre
Battit de l'aile et s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là
Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va, puis il revient
Tu crois le tenir, il t'évite
Tu crois l'éviter, il te tient

[Refrain]
L'amour (× 4)
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de loi
Si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Et si je t'aime, prends garde à toi
Prends garde à toi
Si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime
Prends garde à toi
Mais si je t'aime, si je t'aime, prends garde à toi
(X2)


mercredi 22 avril 2015

France Culture : témoignages de Clandestins

Et si le naufrage de notre civilisation se déroulait en ce moment ?

Après la lecture du texte de Paul Valéry écrit en 1919 sur le naufrage des civilisations, nos yeux et nos oreilles devraient percevoir quelques signes de l'écroulement de notre propre civilisation par ce témoignage d'un clandestin qui vient de traverser la Méditerranée vers le mirage du bonheur européen.




dimanche 5 avril 2015

L'Abécédaire de Victor HUGO

Nouvelle page sur le blog consacrée aux carnets de Victor Hugo.
Il suffit de cliquer sur le bandeau blanc.

Cet abécédaire est un concentré de la vie du grand écrivain mais aussi des perturbations du XIXe siècle. Il regroupe par ordre alphabétique des extraits du livre Choses vues 1849-1885, édité par Folio classique... des 1001 pages, je n'ai gardé que quelques passages que je vous propose de lire dans cette version alphabétique.

jeudi 26 mars 2015

L'affaire Calas racontée par Badinter



Allez écouter cette émission passionnante de France Culture qui permet de comprendre Voltaire et la nécessité d'écrire contre l'intolérance religieuse.
Quand l'injustice fonde la justice

jeudi 26 février 2015

Et si Voltaire était "Charlie" ?

Un grand quotidien national offre le téléchargement gratuit du texte de Voltaire Traité sur la Tolérance. En voici le lien pour obtenir très simplement le texte (libre de droit)


lundi 12 janvier 2015

Fiche de révision synthétique pour l'oral de français ( tableau à copier, à compléter ou à personnaliser)

Objet d'étude




Exposé de 10 mn
Auteur


Oeuvre


Siècle


problématique


Plan possible
(axes de lecture)






Idées-clefs (que je veux retenir)












Figures de style repérées








Ouverture(s) en conclusion




Difficultés particulières
(de lecture à voix haute ou de vocabulaire du texte)
Éléments de culture :
Pour préparer l'entretien de 10 mn :
(anticiper les questions de l'examinateur)
Littéraire
(mouvements, autres écrivains...)




Historique
(événements, découvertes...)




Biographique :
correspondance entre vie et oeuvre




Bibliographique(autres livres du même auteur ou d'autres auteurs sur des sujets ressemblants)




vendredi 26 septembre 2014

Question de corpus « ti pa ti pa » en créole, « mora mora » en malgache, petit à petit en français (Pour garder le rythme du maloya et de la semaine Kabar Kreol)




Préambule : même si le sujet du bac écrit (EAF) portera sans doute sur 4 extraits, il est bon de s'entraîner à faire la comparaison de deux textes seulement, pour améliorer progressivement une méthodologie mariant l'esprit de synthèse et la capacité à mettre en relation des œuvres diverses.

Le corpus proposé est le suivant :

Lettre de Mme De La Fayette à la marquise de Sévigné

A Paris, le 14 juillet 1673,
Voici ce que j’ai fait depuis que je ne vous ai écrit : j’ai eu deux accès de fièvre ; il y a six mois que je n’ai été purgée : on me purge une fois, on me purge deux ; le lendemain de la deuxième je me mets à table ; ah, ah ! j’ai mal au coeur, je ne veux point de potage ; mangez donc un peu de viande ; non, je n’en veux point ; mais vous mangerez du fruit ; je crois qu’oui ; eh bien, mangez-en donc ; je ne saurais, je mangerai tantôt ; que l’on m’ait ce soir un potage et un poulet ; voici le soir, voilà un potage et un poulet ; je n’en veux point ; je suis dégoûtée ; je m’en vais me coucher, j’aime mieux dormir que de manger. Je me couche, je me tourne, je me retourne, je n’ai point de mal, mais je n’ai point de sommeil aussi ; j’appelle, je prends un livre, je le referme ; le jour vient, je me lève, je vais à la fenêtre, 4 heures sonnent, 5 heures, 6 heures ; je me recouche, je m’endors jusqu’à 7 ; je me lève à 8, je me mets à table à 12 inutilement, comme la veille ; je me remets dans mon lit le soir inutilement, comme l’autre nuit. Êtes-vous malade ? nani [A] : êtes-vous plus faible ? nani. Je suis dans cet état trois jours et trois nuits ; je redors présentement ; mais je ne mange encore que par machine [B], comme les chevaux, en me frottant la bouche de vinaigre ; du reste, je me porte bien, et je n’ai pas même si mal à la tête. (...)
Je dois voir demain Mme de Vill... ; c’est une certaine ridicule, à qui M. d’Ambres a fait un enfant ; elle l’a plaidé, et a perdu son procès ; elle conte toutes les circonstances de son aventure ; il n’y a rien au monde de pareil ; elle prétend avoir été forcée ; (...) La Marans est une sainte ; il n’y a point de raillerie ; cela me paraît un miracle. La Bonnetot est dévote aussi, elle a ôté son œil de verre ; elle ne met plus de rouge, ni de boucles. Mme de Monaco ne fait pas de même ; elle me vint voir l’autre jour bien blanche [C] ; elle est favorite et engouée de cette Madame-ci, tout comme de l’autre ; cela est bizarre. (...) Mme la comtesse du Plessis va se marier ; elle a pensé acheter Fresnes. M. de La Rochefoucauld se porte très bien ; il vous fait mille et mille compliments et à Corbinelli. Voici une question entre deux maximes :
On pardonne les infidélités ; mais on ne les oublie point. 

On oublie les infidélités ; mais on ne les pardonne point.
« Aimez-vous mieux avoir fait une infidélité à votre amant, que vous aimez pourtant toujours ; ou qu’il vous en ait fait une, et qu’il vous aime aussi toujours ? » On n’entend pas par infidélité, avoir quitté pour un autre ; mais avoir fait une faute considérable. Adieu, je suis bien en train de jaser ; voilà ce que c’est que de ne point manger et ne point dormir. J’embrasse Mme de Grignan et toutes ses perfections.
Notes : A. non. B. par artifice. C. bien poudrée.

Lettre de Mme de Sévigné à sa fille, à Coulanges, le 15 décembre 1670

« Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus digne d’envie : enfin une chose dont on ne trouve qu’une telle dans les siècles passés, encore cet exemple n’est-il pas juste ; une chose que l’on ne peut pas croire à Paris (comment la pourrait-on croire à Lyon ?) ; une chose qui fait crier miséricorde à tout le monde; une chose qui comble de joie Mme de Rohan et Mme d’Hauterive ; une chose enfin qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis me résoudre à la dire ; devinez-la : je vous la donne en trois. Jetez-vous votre langue aux chiens ? Eh bien ! il faut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix ; je vous le donne en cent.
Mme de Coulanges dit : Voilà qui est bien difficile à deviner ; c’est Mme de la Vallière. - Point du tout, Madame. - C’est donc Mlle de Retz ? - Point du tout, vous êtes bien provinciale. - Vraiment nous sommes bien bêtes, dites-vous, c’est Mlle Colbert ? - Encore moins. - C’est assurément Mlle de Créquy ? - Vous n’y êtes pas. Il faut donc à la fin vous le dire : il épouse dimanche, au Louvre, avec la permission du Roi, Mademoiselle, Mademoiselle de..., Mademoiselle... devinez le nom : il épouse Mademoiselle1, ma foi ! par ma foi ! ma foi jurée ! Mademoiselle, la grande Mademoiselle ; Mademoiselle, fille de feu Monsieur ; Mademoiselle, petite-fille de Henri IV ; mademoiselle d’Eu, mademoiselle de Dombes, mademoiselle de Montpensier, mademoiselle d’Orléans ; Mademoiselle, cousine germaine du Roi ; Mademoiselle, destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de France qui fût digne de Monsieur.
Voilà un beau sujet de discourir.

1Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle.

Correction de la question de corpus sur deux lettres authentiques du XVIIème siècle


3 problématiques ont été proposées : (au choix bien sûr)

a) Comment la lettre permet-elle d'ouvrir un espace de liberté d'expression ?
b) Quelle est la place du destinataire dans ces lettres ?
c) Peut-on dire que ces lettres sont seulement des monologues ou recréent-elles un dialogue ?

Proposition d'introduction pour le sujet a) :

Si les romans épistolaires deviennent un phénomène de mode au XVIIIème siècle, ils le doivent en grande partie au succès des lettres authentiques de Mme de Sévigné, recopiées et lues au XVIIème, publiées dès le début du siècle des Lumières comme la gazette de la Cour.
Ainsi étudierons nous un corpus constitué d'une lettre datée du 15 décembre 1670, écrite par la célèbre épistolière à sa fille Mme de Grignan, et un second extrait de sa correspondance avec Mme De La Fayette, lettre du 14 juillet 1673 où cette fois elle tient le rôle de destinataire. Comment ces lettres permettent-elles d'ouvrir un espace de liberté d'expression ?
(l'annonce du plan est facultative pour la question de corpus)

Proposition de paragraphe avec 2 arguments et 3 citations pour le sujet a) :

Lorsque Mme de La Fayette décrit son quotidien avec « deux accès de fièvre » ou le détail scatologique « on me purge », elle prend la liberté de faire rentrer son destinataire, la marquise de Sévigné dans une intimité à la limite de la bienséance. Par cette lettre assez crue et précise dans les détails de toutes ses actions exprimées par une énumération de verbes au présent, nous apprenons que leur lien amical et leur féminité rendent possibles des descriptions qui seraient proscrites en société : « comme les chevaux, en me frottant la bouche avec du vinaigre » est une comparaison avilissante impensable à la cour.

Proposition de paragraphe avec 1 argument et 3 citations pour le sujet c) :

Dans un véritable dialogue, aucun auditoire n'accepterait d'attendre aussi longtemps que Mme de Sévigné veuille bien révéler l'identité des futurs mariés. « devinez qui ? » est une injonction interrogative qui s'adresse à sa fille mais c'est surtout une question rhétorique qui ralentit le moment de la révélation finale « Mademoiselle » avec un jeu sur la présence ou non de la particule « Mademoiselle de ... » permettant de différencier le titre de noblesse commun et le surnom de la duchesse de Montpensier.

Proposition de développement en 3 parties pour le sujet b) :

Tout d'abord, nous verrons que le destinataire est un confident de l'épistolière : le temps est rythmé par leurs échanges et le pronom « vous » apparaît dès la première ligne de chaque lettre :« depuis que je ne vous ai écrit » ou « je m'en vais vous mander » renoue le contact entre les amies ou entre mère et fille. Le choix du présent de narration par Mme de La Fayette pour énumérer toutes ses actions passées : « je me couche, je me tourne, je me retourne » les rapproche. Dans le même souci de garder le contact, Mme de Sévigné fait les questions et les réponses d'un dialogue fictif : « jetez-vous votre langue aux chiens ? » Sa fille ne peut répondre en direct et nécessairement donnera sa langue au chat, ici aux chiens, pour cette chasse au scoop.

Ainsi le destinataire peut aussi être réduit à un prétexte à la conversation et au bavardage : « Adieu, je suis bien en train de jaser. » avoue Mme de Lafayette. De même Mme de Sévigné conclut par « Voilà un beau sujet de discourir. » Elle ne se prive pas non plus pour insérer une forme de dialogue théâtral avec son entourage « Mme de Coulanges » puisqu'en réalité sa fille est réduite au silence, le temps qu'elle reçoive la lettre et puisse à son tour répondre par écrit.

D'ailleurs, la place du destinataire est explicitement dans l'avenir. A la fin de sa lettre, Mme de La Fayette demande conseil à la marquise de Sévigné :
« Voici une question entre deux maximes ». le destinataire devra apporter une critique littéraire. La forme épistolaire tisse des liens d'esprit entre les deux femmes et leurs amis communs « M. De La Rochefoucauld se porte bien ». De la même façon Mme de Sévigné attend un discours de sa fille en retour du « beau sujet » qu'elle vient de lui révéler : le mariage de la Grande Mademoiselle. Par conséquent, la dernière partie de ces lettres porte en germe la future réponse de son destinataire et la politesse ou l'affection reprennent leurs droits : « J'embrasse Mme de Grignan et toutes ses perfections ».

proposition de conclusion pour la question c)

Si la forme classique de la lettre est nécessairement un monologue qui appelle une réponse différée, le talent et la liberté de ces deux femmes du XVIIème siècle permettent au genre épistolaire de gagner en vivacité : dialogues théâtralisés, imaginaires, questions rhétoriques ou réelles font de leur correspondance une vraie œuvre littéraire presque interactive à la manière de nos modes de communication du XXIème siècle.